Le vieillissement ne commence pas dans la peau

Le vieillissement ne commence pas à un endroit précis

Le vieillissement ne commence pas à un âge précis.

Il ne commence pas non plus dans un seul organe.

Il commence progressivement, à plusieurs niveaux, lorsque nos cellules et nos tissus perdent une partie de leur capacité à réparer les dommages, à produire de l’énergie, à éliminer ce qui ne fonctionne plus et à s’adapter au stress.

Notre ADN accumule des altérations.

L’expression de certains gènes se modifie.

Les protéines endommagées sont moins bien éliminées.

Les mitochondries produisent moins efficacement l’énergie nécessaire aux cellules.

Des cellules sénescentes s’accumulent.

L’inflammation devient plus chronique.

Les cellules souches se renouvellent moins bien.

Le microbiote évolue.

La communication entre les tissus devient moins efficace.

La recherche décrit aujourd’hui douze grands mécanismes biologiques du vieillissement.

La peau : là où le vieillissement devient visible

La peau en fait partie.

Mais elle n’en est ni le point de départ unique ni le centre.

Elle est surtout l’un des endroits où le vieillissement devient visible.

Bien avant que le miroir ne le montre, il peut déjà apparaître autrement.

Une récupération plus lente.

Une perte progressive de force.

Un sommeil moins réparateur.

Une modification de la composition corporelle.

Une baisse de la capacité cardiorespiratoire.

Une moins bonne régulation du glucose.

Une diminution de la réserve cognitive ou de la capacité à s’adapter à un stress.

Changer de regard

C’est ici que notre regard doit changer.

Nous avons construit une grande partie de la médecine anti-âge autour de l’apparence de la peau.

Autour du collagène.

Des rides.

De la pigmentation.

De la fermeté.

Tout cela compte.

Parce que l’image que nous renvoie notre visage influence profondément notre identité, notre confiance et notre qualité de vie.

Mais une peau plus lisse ne signifie pas nécessairement un organisme plus jeune.

On peut avoir moins de rides et moins de force.

Un visage restauré et un sommeil profondément altéré.

Une silhouette mince et une masse musculaire insuffisante.

Une apparence préservée et une santé métabolique déjà fragilisée.

Quelles capacités voulons-nous préserver ?

La médecine du vieillissement ne devrait donc plus seulement demander :

« Comment corriger ce que l’âge a rendu visible ? »

Elle devrait aussi demander :

« Quelles capacités voulons-nous préserver ? »

Marcher.

Porter.

Monter un escalier.

Réfléchir.

Dormir.

Récupérer.

Rester autonome.

Continuer à travailler, à aimer, à voyager, à décider.

L’Organisation mondiale de la santé ne définit d’ailleurs pas le vieillissement en bonne santé par l’absence de rides ou même par l’absence totale de maladie.

Elle le définit par le maintien des capacités qui permettent de continuer à vivre d’une manière qui a du sens pour soi.

Remettre l’esthétique à sa juste place

Voilà peut-être le véritable changement de paradigme.

Ne plus opposer l’esthétique à la santé.

Mais remettre l’esthétique à sa juste place.

Prendre soin de la peau.

Oui.

Préserver un visage dans lequel on se reconnaît.

Oui.

Mais sans oublier que l’objectif le plus important n’est pas seulement d’ajouter des années à la vie.

C’est de préserver le plus de vie possible dans ces années.

Dans une ride.

Une tache.

Un relâchement.

Une perte de volume.

Comme si le vieillissement commençait dans la peau.

Aujourd’hui, la science raconte une histoire beaucoup plus complexe.

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