Il y a des consultations qui ne ressemblent à aucune autre. Une femme s’assoit en face de moi, après des mois — parfois des années — de traitements, de fatigue, de courage. Elle n’est pas là pour « changer ». Elle est là pour se retrouver.
La reconstruction mammaire après un cancer n’est pas un acte esthétique comme les autres. Et je crois qu’il faut le dire clairement.
Réparer ce que la maladie a pris
Le cancer ne prend pas seulement une partie du corps. Il bouscule le rapport que l’on a à soi, à son image, à sa féminité, à son intimité. La chirurgie reconstructrice ne prétend pas effacer cela — aucune technique ne le pourrait. Mais elle peut rendre quelque chose : une silhouette, une symétrie, un vêtement que l’on peut à nouveau porter sans y penser, un regard dans le miroir qui ne ramène plus immédiatement à la maladie.
Redonner, pas masquer. La nuance est essentielle. Il ne s’agit pas de faire semblant que rien ne s’est passé, mais d’aider à tourner une page dans des conditions dignes.
Le temps de chaque femme
Il n’y a pas de bon ou de mauvais moment universel. Certaines souhaitent une reconstruction immédiate ; d’autres ont besoin de temps, et c’est tout aussi légitime. Certaines choisissent de ne pas se faire reconstruire — et ce choix mérite le même respect. Mon rôle n’est pas de presser, mais d’informer, d’accompagner, et de m’adapter au rythme de chacune.
Les techniques actuelles offrent aujourd’hui plusieurs chemins : reconstruction par prothèse, par les propres tissus de la patiente, lipofilling pour affiner un résultat. L’important n’est pas la technique en soi, mais qu’elle serve votre histoire, pas l’inverse.
Un travail d’équipe et de confiance
Reconstruire après un cancer, c’est un parcours qui se fait en équipe — avec les oncologues, les chirurgiens, les soignants — et qui demande une relation de confiance dans la durée. C’est sans doute la part de mon métier qui m’apprend le plus sur ce que signifie, vraiment, prendre soin.
Si vous vous interrogez sur une reconstruction, nous pouvons en parler ensemble, sans engagement, au cabinet à la Clinique de Saint-Omer.
— Dr Alexandra Tudosa, chirurgien plasticien à Saint-Omer
